Procès Jubillar : les parties civiles dénoncent des subterfuges cruels de la défense et défendent une enquête exhaustive

Procès Jubillar : les parties civiles dénoncent des subterfuges cruels de la défense et défendent une enquête exhaustive

Contexte du procès et cadre des débats

Au cours du procès consacré à Cédric Jubillar, les parties civiles ont mis en avant une enquête jugée « exhaustive » et capable de démontrer ce que certains décrivent comme le paroxysme du féminicide. Elles ont toutefois pointé du doigt ce qu’elles appellent des « subterfuges cruels » dans la stratégie de la défense, qui viseraient la famille de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn).

Delphine Jubillar, infirmière nocturne âgée de 33 ans, a été décrite par Me Laurent de Caunes comme une personnalité « hors du commun ». S’il ne s’agit pas de faire d’elle une figure idéalisée, l’avocat a évoqué, sur le ton allégorique, une personne tournée vers les autres et peu encline à se plaindre.

L’avocat de la famille a aussi quitté l’angle plus personnel pour interroger le rapport de force entre Delphine et son mari, posant la question de l’étranglement entre une figure « angélique » et une personnalité perçue comme l’opposé, indifférente à tout ce qui ne correspond pas à ses propres plaisirs.

Des témoignages et une approche méthodique de l’enquête

Le doyen des avocats des parties civiles a dénoncé les attaques portées par la défense sur des points particuliers, estimant qu’elles n’avaient pas pour effet d’obscurcir la vision générale de l’affaire. Selon lui, l’enquête ne manquerait pas de rigueur, et aucune demande d’annulation d’actes n’a été déposée par la défense lorsqu’elle en avait la possibilité.

Pour Me Philippe Pressecq, représentant une cousine de Delphine, l’enquête s’est appuyée sur des éléments qui s’emboîtent pour construire une version des faits. Il a rappelé que l’instruction bénéficiait de moyens humains et technologiques importants, et que les éléments s’assemblent pour étayer l’hypothèse retenue par l’accusation.

De son côté, Me de Caunes a souligné ce qu’il appelle un raisonnement cynique et désinvolte de l’accusé, estimant que les aveux éventuels n’auraient pas d’importance face à la structure de l’affaire que le parquet présente comme « sans corps, sans scène de crime, sans aveux » selon certains reproches répétés par la défense.

Préparation nocturne et éléments matériels

Mourad Battikh, avocat des proches et, depuis peu, représentant aussi l’amant de Delphine qui s’est constitué partie civile, a invité les jurés à s’exposer à la reconstitution de la nuit du 16 décembre, s’appuyant sur l’ensemble des indices rassemblés pour démontrer le crime.

Il a notamment évoqué des témoignages et des éléments matériels, tels que le récit de Louis, le fils du couple, évoquant une dispute et des détails sur les lunettes cassées, ou encore le fait que le téléphone de Delphine aurait resté près de son domicile le matin même, écartant l’hypothèse d’un départ volontaire.

Des conclusions qui renforcent l’angle féminicide

Pauline Rongier, avocate d’une amie proche de Delphine, a exhorté les jurés à faire preuve de courage et à condamner l’accusé malgré l’absence de corps, décrivant l’affaire comme un cas emblématique et un « paroxysme du féminicide ». Elle a évoqué l’isolement et le contrôle exercés sur Delphine, y compris des violences sur les enfants et un dénigrement, présentés comme des facteurs précurseurs fréquents dans ce type de violences.

Prochaines étapes et perspectives du verdict

Vendredi, la présidente de la cour accordera une ultime parole à l’accusé avant que les jurés ne se retirent pour délibérer et rendre leur verdict. Le déroulement de cette phase finale est attendu avec attention dans un contexte où plusieurs parties civiles évoquent l’importance d’apporter une réponse judiciaire claire à cette affaire.