COP30 : la présence de Syngenta et de l’Usam dans la délégation suisse suscite des critiques et des appels à la transparence
Contexte et représentation suisse à la COP30
À l’ouverture de la 30e conférence annuelle sur le climat de l’ONU, qui se tient à Bélem au Brésil, deux personnes figurent dans la délégation officielle suisse: Petra Laux, directrice du développement durable chez Syngenta, et un représentant de l’Union suisse des arts et métiers (Usam). Ces nominations ont suscité des réactions alarmées de la part d’associations écologistes et climatiques.
Conflits d’intérêts et questions éthiques
BreakFree Suisse, Swiss Youth for Climate et Drop Fossil Subsidies estiment que les organisations associées à ces porte-voix « peuvent être en contradiction directe avec les objectifs climatiques de la Suisse », notamment en ce qui concerne les droits humains et les enjeux liés aux énergies fossiles. Elles évoquent des conflits d’intérêts et doutent de la crédibilité internationale du pays.
Les associations rappellent que Syngenta est un géant de l’agrochimie acquis en 2016 par le groupe étatique chinois ChemChina et est régulièrement critiqué pour ses pratiques environnementales. Elles signalent également qu’un procès civil est en cours à Bâle impliquant la vente d’un pesticide potentiellement dangereux pour les utilisateurs, selon les témoignages déposés par des paysans indiens.
En ce qui concerne l’Usam, les critiques estiment que sa position contredit certains engagements climatiques de la Suisse.
Transparence et critères de sélection
Les associations demandent des critères de sélection plus clairs et souhaitent une implication du grand public dans le choix des représentants lors des conférences internationales. Elles déplorent l’absence de définition précise du conflit d’intérêts dans les directives actuelles et veulent un cadre plus transparent, afin de préserver l’intégrité des sommets climatiques.
Organisation de la délégation et déroulement
La délégation est dirigée par l’ambassadeur suisse pour l’environnement, Felix Wertli. Le conseiller fédéral Albert Rösti prendra part à la COP30 lors de la deuxième semaine de la conférence.
Ces éléments alimentent le débat sur la manière dont les choix de représentants publics influencent la crédibilité du pays sur la scène climatique et sur la nécessité d’un cadre clair et transparent pour les participations internationales.