Commission d’enquête de l’ONU: crimes contre l’humanité et transferts forcés attribués à la Russie en Ukraine
La Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur l’Ukraine affirme que la Russie aurait commis des crimes contre l’humanité, notamment par des attaques répétées de drones visant des civils et par des déplacements forcés de populations dans des zones occupées.
Dans son rapport publié lundi, elle précise que les autorités russes « ont systématiquement coordonné des actions visant à chasser les civils ukrainiens de leur domicile » en mêlant bombardements de drones et expulsions ou transferts de populations.
Conclusions clés et cadre des accusations
La commission indique que les attaques de drones et les transferts forcés se sont étendus sur une zone plus vaste que celle étudiée auparavant, passant « sur plus de 300 km » le long du fleuve Dniepr et couvrant les régions de Dnipropetrovsk, Kherson et Mykolaïv. Elle considère que ces actes constituent aussi le crime contre l’humanité de transfert forcé de population.
« Depuis plus d’un an, les forces armées russes mènent des attaques de drones sur un large éventail de cibles civiles » — personnes, habitations, points de distribution humanitaire et infrastructures énergétiques essentielles —, forçant des milliers de personnes à fuir. Les autorités russes ciblent délibérément des civils et des infrastructures civiles et touchent même des ambulances et des pompiers, déplore la commission.
Déportations et transferts de population
La commission rappelle que la décision de chasser les civils des zones occupées dans la région de Zaporijia en 2022 et 2023 constitue des crimes de déportation et de transfert. Des cas de déportations vers la Géorgie via la Russie ont été signalés depuis 2024, accompagnés d’interdictions d’entrée sur le territoire russe, pour des périodes généralement comprises entre 20 et 40 ans, selon le document.
La commission, qui ne parle pas au nom de l’ONU et n’a reçu aucune assistance des autorités russes, a interrogé 226 personnes et examiné plus de 500 vidéos pour élaborer son rapport.
En parallèle, la réaction ukrainienne se manifeste par des frappes ciblant le territoire russe, notamment des raffineries et des installations militaires, bien que les moyens déployés restent largement moindres par rapport à l’offensive russe.